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Cholécystectomie et médicaments opioïdes

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La cholécystectomie est l’intervention chirurgicale qui consiste à retirer la vésicule biliaire. Elle peut être proposée en cas de calcul dans la vésicule biliaire. Elle devient nécessaire lorsque le calcul obstrue le cholédoque. Le cholédoque est le canal qui permet le transport de la bile de la vésicule biliaire jusqu’à l’intestin grêle. A la partie terminale de ce cholédoque, se situe un muscle annulaire, appelé sphincter d’Oddi. Ce sphincter permet de réguler le flux de sécrétions biliaires et pancréatiques dans l’intestin grêle.

Schéma de la localisation anatomique du sphincter d’Oddi

 

Après une cholécystectomie, environ 1,5% des patients peuvent présenter un dysfonctionnement du sphincter d’Oddi1. Ce dysfonctionnement peut entrainer des douleurs abdominales, une perturbation du bilan hépatique ou pancréatique et une dilatation du cholédoque. Or, la prise de médicaments de la famille des opiacés (codéine, morphine, fentanyl,…) vient majorer ce risque de dysfonctionnement du sphincter d’Oddi.

En effet, les médicaments opioïdes agissent sur le sphincter en entrainant des spasmes1. La vésicule ayant été retirée, une augmentation soudaine de la pression biliaire dans le cholédoque peut survenir2. La conséquence immédiate est la survenue de douleurs abdominales apparaissant par crises.

Pour rappel, les principes actifs opioïdes, et particulièrement la codéine, entrent dans la composition de nombreuses spécialités pharmaceutiques indiquées dans les traitements de la douleur et de la toux et se présentent sous forme de comprimé ou de sirop. Ils sont parfois associés à d’autres principes actifs non opioïdes tels que le paracétamol et l’ibuprofène.

Depuis juillet 2017, ces médicaments opioïdes sont disponibles uniquement sur ordonnance (cf. l’alerte « La Codéine ainsi que 3 autres dérivés opiacés désormais uniquement disponibles sur ordonnance »).

En cas d’utilisation de médicaments opioïdes chez des patients qui ont bénéficié d’une cholécystectomie, il convient d’être attentif à l’apparition de douleurs abdominales dans les heures suivant son utilisation.

Si de telles douleurs surviennent, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre médecin.

 

Références :

  1. Afghani E, Lo SK, Covington PS, Cash BD and Pandol SJ (2017). Sphincter of Oddi Function and Risk Factors for Dysfunction. Front. Nutr. 4:1.
  2. Druart-Blazy A, Pariente A, Berthelemy P and Arotçarena R. The underestimated role of opiates in patients with suspected sphincter of Oddi dysfunction after cholecystectomy. Gastroenterol Clin Biol 2005;29:1220-1223.

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Les alertes

Quizz

  • L'acétate de chlormadinone (Luteran et génériques) et l'acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques)

    • sont des progestatifs
    • entrainent un sur-risque de méningiome qui est dose et durée du traitement dépendant
    • sont indiqués comme contraceptifs
    • nécessitent la réalisation d’une IRM à partir de 5 ans de traitement chez les femmes âgées de plus de 35 ans
    • Vrai ! Faux !

      L'acétate de chlormadinone (Luteran et génériques) et l'acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) sont des progestatifs utilisés dans la prise en charge de la ménopause, des troubles menstruels et de l’endométriose.

      Les femmes traitées par acétate de nomégestrol plus de 6 mois sont exposées à un risque multiplié par 3,3, puis par 12,5 à partir d’une dose cumulée correspondant à 5 ans de traitement.
      Pour les femmes traitées par acétate de chlormadinone, après 6 mois, le risque est multiplié par 3,4, puis par 7 à partir d’une dose cumulée correspondant à 3,5 ans d’utilisation.

  • Le traitement hormonal de la ménopause

    • Doit être réévalué tous les ans
    • Expose à un risque de thromboses veineuses et/ou artérielles
    • Doit être instauré avant l'arrêt complet des règles
    • Expose à un risque de cancer du sein et/ou de l'utérus
    • Vrai ! Faux !

      Le traitement hormonal de la ménopause ne doit pas être instauré avant l’arrêt complet des règles

  • La tuberculose

    • est une maladie virale
    • est toujours contagieuse
    • repose en cas de tuberculose maladie sur la prise quotidienne de plusieurs antibiotiques
    • nécessite d'hospitaliser en chambre individuelle la personne an cas de tuberculose maladie
    • Vrai ! Faux !

      La tuberculose est une maladie due à une mycobactérie, le Mycobacterium tuberculosis, aussi appelé le bacille de Koch, ou due plus rarement au Mycobacterium bovis ou africanum. Elle n'est donc pas due à une maladie virale.

      Elle se transmet par voie aérienne à partir d’aérosol de gouttelettes émises lors d’une toux par une personne contagieuse. Aussi, elle n'est pas toujours contagieuse.

      Le plus souvent, dans 90 % des cas, la tuberculose reste « latente », c’est-à-dire que la bactérie est présente dans le corps mais la personne infectée ne présente pas de symptômes et n’est pas contagieuse. Elle n'est donc pas toujours contagieuse.

      Pour 10 % des personnes, la tuberculose évolue et devient « active » ; les symptômes apparaissent, et la personne peut devenir contagieuse. Elle développe alors une « tuberculose maladie ».

      Le traitement de la tuberculose repose sur la prise de plusieurs antibiotiques.

      • En cas d’infection tuberculeuse latente, le traitement consiste en la prise quotidienne d’isoniazide pendant 9 mois ou à l’association rifampicine et isoniazide pendant 3 mois.
      • En cas de diagnostic de tuberculose maladie, l’hospitalisation en chambre individuelle est nécessaire. Un traitement associant la prise quotidienne de 4 antibiotiques pendant 2 mois (généralement isoniazide (INH), rifampicine, pyrazinamide et éthambutol), puis 2 antibiotiques pendant 4 mois (isionazide (INH) et rifampicine) est habituellement prescrit.
  • Qu'est-ce que la pharmacovigilance ?

    • ​Ensemble des activités permettant la surveillance des pharmacies
    • ​Ensemble des activités permettant la surveillance des effets indésirables médicamenteux
    • ​Ensemble des activités permettant la recherche de nouveaux médicaments
    • Vrai ! Faux !

      La pharmacovigilance est l'activité consistant à enregistrer et évaluer les effets secondaires résultant de l'utilisation des médicaments.

  • Vous avez pris un médicament et vous présentez une manifestation anormale comme par exemple une réaction cutanée. Pensez-vous qu’il peut s’agir d’un effet indésirable ?

    • Oui
    • Non
    • Vrai ! Faux !