Statines et sur-risque de diabète: le rapport bénéfice/risque reste toujours positif

Les statines actuellement commercialisées en France sont : la pravastatine, la simvastatine, l’atorvastatine, la rosuvastatine et la fluvastatine.

Risque diabétogène
Des études récentes* mettent en évidence une augmentation du risque de survenue de diabète de 9 à 15% lors d’un traitement par statines. Cet effet d'augmentation de la glycémie serait directement relié au mode d’action hypocholestérolémiant des statines*.
La survenue d’un diabète lors d’un traitement par statines est favorisée par la présence de facteurs de risque préexistants à la prescription:

  • une glycémie a jeun > 5,6 mmol/L
  • un index de masse corporelle (IMC) > 30 kg/m2
  • une augmentation des triglycérides
  • des antécédents d’hypertension artérielle

Bénéfices attendus
Les statines sont une classe de médicaments utilisés pour réduire le taux de cholestérol dans le sang, en particulier le LDL-cholestérol, encore appelé «mauvais cholestérol». La présence de concentrations importantes de cholestérol dans le sang est associée à une augmentation du risque de maladies cardiaques (angine de poitrine, infarctus du myocarde) et d’accidents vasculaires cérébraux (attaques cérébrales).
Ces médicaments sont indiqués:
- soit en prévention primaire (c’est-à-dire pour éviter un accident cardiovasculaire chez un sujet qui n’en n’a jamais été victime) chez des patients présentant des facteurs de risques cardiovasculaires (dont le diabète), lorsque les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas à la diminution du taux de cholestérol.
- soit en prévention secondaire chez des patients présentant des antécédents notamment d’infarctus du myocarde, d’insuffisance coronaire ou d’accident vasculaire cérébral.

Position commune européenne de l’EMA (European Medicines Agency) et américaine de la FDA (Food & Drug Administration)
Cette augmentation du risque de survenue de diabète de 9 à 15% ne remet pas en cause le rapport bénéfice/risque de cette classe thérapeutique, qui reste positif dans la prévention des complications cardiovasculaires chez les sujets à risque, diabétiques ou non-diabétiques à l’initiation du traitement.
L’efficacité de ces médicaments a été démontrée aussi bien en prévention primaire que secondaire par de nombreuses études cliniques de grande ampleur qui ont permis d’établir que leur bénéfice est largement supérieur à leurs risques. Toutes statines confondues, le traitement permet de réduire le risque d’événement cardio-vasculaire de 15 à 23 % selon le type d’événement et de 10 % les risques de mortalité toutes causes.


* Pour en savoir plus: HMG-coenzyme A reductase inhibition, type 2 diabetes, and bodyweight : evidence from genetic analysis and randomized trials, Swerdlow et al., Lancet, Sept. 24, 2014
Cette augmentation du risque de survenue d’un diabète semble être directement liée au mécanisme d’action des statines qui inhibent une enzyme clé de la physiologie du cholestérol l’hydroxy-méthyl-glutaryl coenzyme A réductase (HMG-CoA-réductase). Deux polymorphismes du gène de l’HMG-CoA-réductase (rs17238484-G et rs12916-T) sont associés à une baisse des taux de LDL-cholestérol, un poids plus élevé, une insulinémie et une glycémie augmentées (insulinorésistance) ainsi qu’une augmentation du risque de diabète. Autrement dit, de la même façon que ces polymorphismes sont associés à un risque diabétogène augmenté (indépendamment de la prise de statines), les statines qui sont de puissants inhibiteurs de l’HMG-CoA-réductase entraînent par cette action spécifique (responsable de la baisse du cholestérol) une augmentation de la glycémie.
A noter que le gain de poids, physiologiquement lié à l’insulinorésistance, est l’un des plus importants facteurs de risque de diabète de type 2.

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