Acétate de cyprotérone (Androcur®) et risque de méningiome

Une étude de l’Assurance Maladie a confirmé et évalué le risque de méningiome en cas d’utilisation de ce médicament ; ce risque est multiplié par 7 au-delà de 6 mois d’utilisation d’une dose moyenne supérieure ou égale à 25 mg/j et par 20 au-delà d’une dose cumulée de 60 mg, soit environ 5 années de traitement à 50 mg/j ou 10 ans à 25 mg/j.

En raison de ce risque, les médecins sont invités à réévaluer annuellement le bien-fondé du traitement par acétate de cyprotérone de leur patient ; ce d’autant qu’à l’arrêt du traitement, les méningiomes liés à sa prise peuvent régresser. Les prescriptions hors AMM (acné, séborrhée, hirsutisme modéré) doivent être évitées. Il est rappelé que l’acétate de cyprotérone n’est pas recommandé chez l’enfant et la femme ménopausée.

Ce médicament reste indiqué pour diminuer les effets des hormones androgènes dans :

  • le traitement de l’hirsutisme chez la femme,
  • l’atténuation des symptômes du cancer de la prostate chez l’homme,
  • le traitement de certaines formes de paraphilie.

De plus, afin d’informer les patients de ce risque, à partir du 1er juillet 2019 pour les patients qui débutent un traitement, ou avant le 1er janvier 2020 pour les patients en cours de traitement, le médecin devra obligatoirement :

  • informer le patient du risque de méningiome,
  • lui remettre une fiche d’information qui précise le risque d’un traitement prolongé,
  • remplir avec le patient, annuellement, une attestation d’information qui devra être datée et signée par le patient et le médecin. La délivrance du traitement par la pharmacie ne pourra se faire que sur présentation de cette attestation qui de surcroit devra être datée de moins de 1 an.

Enfin, si un traitement est débuté, une IRM cérébrale devra systématiquement être réalisée. Pour les patients en cours de traitement, il convient, si le traitement est maintenu, de réaliser une IRM au plus tard 5 ans après la première IRM puis tous les 2 ans si l’IRM précédente ne révèle rien d’anormal. Les patients ayant été traités par acétate de cyprotérone et qui ne le sont plus sont invités à consulter leur médecin afin de juger de l’opportunité de réaliser une IRM.

Un méningiome est une tumeur, le plus souvent non cancéreuse, qui affecte les méninges, c’est-à-dire les membranes qui entourent le cerveau. Les signes cliniques sont fonction de la localisation et de la taille du méningiome. Les plus fréquents sont : maux de tête, troubles de l’audition, troubles de la mémoire, troubles du langage, vertiges, faiblesse, paralysie, troubles de la vision, pertes de l’odorat, convulsions, nausées…

Par ailleurs, Il faut rappeler que l’acétate de cyprotérone a des propriétés contraceptives. En cas d’arrêt du traitement, une contraception efficace devra être mise en place, y compris en cas d’interruption momentanée.

Pour répondre aux questions des patients un numéro vert est accessible gratuitement du lundi au vendredi de 9 h à 19 h :

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