La gélule n’est pas réservée à la voie orale

D’une manière générale, la gélule est souvent assimilée à une voie d’administration orale du médicament. Et pourtant, cette forme galénique est également utilisée pour l’administration de spécialités pharmaceutiques par voie vaginale (Trophigil®, Florgynal®,…) ou inhalée, au moyen d’un dispositif d’inhalation spécifique à chaque médicament (Spiriva®, Foradil®, TOBI Podhaler®, Seebri Breezhaler®…). Or, quel que soit leur voie d’administration, et bien qu’elles puissent différer en termes de taille ou de coloris, ces gélules ont une apparence générale similaire.

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D’ailleurs, de nombreuses déclarations d’erreurs médicamenteuses et de demandes de renseignements concernant la voie d’administration de gélules destinées à être inhalées ont été rapportées aux autorités sanitaires du Canada et des Etats-Unis.

Exemple du tiotropium :

Au Canada (Québec), entre 2008 et 2013, 455 appels concernant l’ingestion accidentelle de gélules de tiotropium par voie orale ont été enregistrés. Les patients concernés par ces ingestions non intentionnelles étaient majoritairement des femmes âgées de 65 ans et plus. Les causes retrouvées étaient  la distraction ou la confusion au moment de la prise avec les autres traitements pris de façon concomitante par voie orale. Ces erreurs pouvaient également résulter d’une rédaction ambiguë de la prescription ou d’une  erreur de compréhension d’une ordonnance bien rédigée.

Entre 2005 et 2009, le Centre Antipoison de Louisiane aux Etats-Unis avait déjà constaté que le nombre d’appels concernant l’ingestion de gélules de tiotropium augmentait chaque année depuis sa commercialisation. Les effets indésirables liés à cette erreur de voie d’administration étaient légers tels que des nausées, vomissements, tachycardie, agitation, sécheresse buccale, douleur abdominale et anxiété. Ils se résolvaient en quelques heures (max. 8 heures). L’inconvénient majeur résultait, en fait,  plus dans l’inefficacité du traitement pris oralement. Cette inefficacité pouvait alors entrainer une aggravation de la maladie.

Les déclarations provenaient aussi bien de patients prenant leur traitement en ambulatoire que d’établissements de soins.

Afin de prévenir ce risque d’ingestion de gélules non adaptées à la voie orale, quelques recommandations sont préconisées :

- Pour les professionnels de santé :

  • Eviter le terme « 1 gélule, … » lors de la prescription de la posologie mais
    • préférer le terme « 1 inhalation,… » pour les gélules destinées à la voie inhalée
    • ou préciser «  1 gélule par voie vaginale,…. » pour les gélules destinées à la voie vaginale.
  • Accompagner la prescription et la dispensation d’une information orale sur la voie d’administration
  • Attirer l’attention des patients sur la mention « Ne pas avaler les gélules » inscrite sur le conditionnement du médicament, lors de la dispensation.

- Pour les patients :

  • Ne pas stocker les gélules pour voie vaginale ou inhalée dans un pilulier commun aux gélules pour voie orale.

Dans le cas particulier des gélules de poudre pour inhalation, il est également conseillé :

  • De réaliser une démonstration de l’utilisation du dispositif d’inhalation aux patients et au personnel soignant.
  • De stocker les gélules pour inhalation avec son inhalateur.

Si, vous avez ingéré par inadvertance une gélule pour voie vaginale ou inhalée, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou à vous rapprocher de votre pharmacien.

En savoir plus...
Ces références étant américano-canadienne, le terme "capsule" correspond au terme "gélule" en français. 

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