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Détournement du protoxyde d’azote : enjeu de santé public toujours d’actualité

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L’augmentation constante des signalements d’intoxication au protoxyde d’azote (472 aux Centres d’Evaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance-Addictovigilance (CEIP-A) et 305 aux centres antipoison et toxicovigilance (CAP-TV) en 2023 contre 254 aux CEIP-A et 134 au CAP-TV en 2020) est un sujet de santé publique préoccupant. Les quelques points clés sur ce phénomène sont lié à :

  • Un usage détourné de bonbonnes à but récréatif : le protoxyde d’azote (N2O) est utilisé comme gaz propulseur dans les aérosols alimentaires. Les consommateurs l’inhalent pour ces effets décontractants (gaz hilarant).
  • Une consommation « jeune » : les utilisateurs ont en moyenne 21 ans. En 2022, d’après le baromètre de Santé publique France, 14 % des 18-24 ans ont expérimenté le « proto » et plus de 3% en avaient consommé au cours de l’année.
  • Une loi : depuis 2021, ces bonbonnes sont interdites à la vente aux mineurs. Plusieurs propositions de loi visant leur interdiction à la vente au grand public à des fins créatives et la pénalisation de la consommation sont à l’étude (actuellement débattus à l’Assemblée Nationale et au Sénat).

Ce détournement est à différencier strictement de l’utilisation médicale du MEOPA (mélange de 50 % d'oxygène et de 50 % de protoxyde d'azote), un anesthésique utilisé par inhalation, possédant également des propriétés analgésiques, qui est notamment largement utilisé en pédiatrie.

La consommation détournée de protoxyde d’azote peut entraîner :

  • Des risques immédiats : hypoxie, fausse route, vertige, chute, brûlures, troubles psychiatriques aigus …
  • Des risques en cas d’exposition répétée, liés au risque d’une inactivation irréversible de la vitamine B12 : atteintes neurologiques (atteinte de la moelle et/ou des nerfs), thrombo-emboliques et hématologiques.
  • Des risques pour le fœtus en cas de consommation par la femme enceinte (passage de la barrière placentaire). L’agence européenne des produits chimiques l’a d’ailleurs classé comme toxique pour la reproduction de catégorie 1B.
  • Un risque de trouble l’usage, voire de dépendance, avec le développement éventuel d’une tolérance, de signes de sevrage ou encore d’un « craving ».

En présence de signes cliniques neurologiques (présents dans 80 % des signalements), cardiovasculaires ou psychiatriques inexpliquées, même discrets, une consommation de protoxyde d’azote doit être évoquée, surtout chez un sujet jeune.

Pour aider les professionnels de santé à faire face à ce nouveau phénomène, l’ANSM a publié en 2023 un document d’aide au diagnostic et à la prise en charge. La plateforme collaborative PROTOSIDE est également à disposition des professionnels intéressés.

Information à l’attention des consommateurs de protoxyde d’azote :

    • En consommant du protoxyde d’azote, vous vous exposez à des conséquences graves comme un étouffement (potentiellement mortel), des brûlures graves ou des troubles de la marche irréversibles...
    • Ne prenez jamais le volant sous l’emprise  du protoxyde d’azote
    • Si vous ressentez des effets indésirables inquiétants après consommation, appelez ou faites appelez le 15
    • Afin de stopper votre consommation, parlez-en à votre médecin ou rapprochez-vous d’une structure spécialisée comme les CJC (Consultations Jeunes Consommateurs). Renseignez-vous sur : drogues-info-service.fr

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