Alertes

Fluindione (PREVISCAN®) et risque immuno-allergique

Publié le

La fluindione (Previscan®) est un anticoagulant de la classe des antivitamines K (AVK). Il est indiqué en curatif dans le traitement des thromboses veineuses profondes et de l’embolie pulmonaire ; en préventif en cas de cardiopathies emboligènes ou de prévention des complications thrombo-emboliques des infarctus du myocarde compliqués.

Les autres AVK disponibles sur le marché en France sont la warfarine et l’acénocoumarol, de la famille des coumarines.

En France, parmi les patients traités par AVK :
- 82 % reçoivent de la fluindione,
- 12 % de la warfarine,
- 6 % de l’acénocoumarol.

Dans le reste du monde, l’AVK le plus utilisé est la warfarine.

D’après une enquête de pharmacovigilance récente, la fluindione est plus fréquemment associée à la survenue d’effets indésirables immuno-allergiques que la warfarine ou l’acénocoumarol. Ces atteintes sont rares mais souvent sévères. Il s’agit d’atteintes rénales (néphropathies tubulaires aiguës), hépatiques, hématologiques ou cutanées, avec risque de toxidermies sévères.

Ces réactions surviennent habituellement au cours des 6 premiers mois de traitement.  L’évolution est généralement favorable après l’arrêt de la fluindione et la mise en place d’une corticothérapie. Toutefois, une altération de la fonction rénale peut persister avec apparition d’une insuffisance rénale chronique ou aggravation d’une insuffisance rénale chronique préexistante, surtout en cas de retard de diagnostic ou d’arrêt tardif de la fluindione.

En conséquence, il est recommandé :

  • Lors d’une initiation de traitement anticoagulant par AVK, de privilégier la prescription d’un AVK coumarinique (warfarine ou acénocoumarol).
  • Chez les patients en cours de traitement par fluindione

    - depuis moins de 6 mois :
    Etre particulièrement attentifs à tout signe pouvant évoquer un effet indésirable immuno-allergique de type cutané, hépatique, hématologique (notamment neutropénie) ou rénal. Une surveillance biologique (fonctions rénale et hépatique, hémogramme) est conseillée.

    - depuis plus de 6 mois et bien équilibrés :
    Si le traitement est bien toléré, il n’y a pas de raison de le modifier. En effet, tout changement de traitement AVK est une situation à risque.

En cas de confirmation d’atteinte immuno allergique, interrompre rapidement et définitivement le traitement par fluindione. Envisager la mise en place d’une corticothérapie. La fluindione devra être remplacée par un autre anticoagulant oral.

Il n’a pas été observé de réaction croisée entre la fluindione et les AVK coumariniques.

Retour

Les alertes