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Pas d’ibuprofène ou de kétoprofène en 1ère intention en cas d’infections hivernales

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Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) font régulièrement l’objet d’alertes en raison d’un risque de complication infectieuse grave. En effet, prescrits ou pris en automédication lors d’affections hivernales courantes comme otite, sinusite, angine, syndrome grippal…, ils peuvent masquer les symptômes d’une infection bactérienne, entrainant un retard dans sa prise en charge thérapeutique et ainsi majorer sa gravité.

Une enquête de pharmacovigilance, initiée en 2002, puis reconduite les années suivantes, avait donné lieu à la publication de 3 rapports d’expertise analysant les cas de complications infectieuses graves liés à la prise d’AINS.

Un 4e rapport, portant sur les cas déclarés entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2023, a été récemment publié Il recense :

  • 162 cas d’infections graves au cours de la prise d’ibuprofène (dont 65 cas d’infection streptococcique majoritairement invasive),
  • 54 cas d’infections graves au cours de la prise avec le kétoprofène.

Ces effets indésirables concernent notamment des enfants et adultes sans facteurs de risque ayant présenté des tableaux cliniques gravissimes (défaillance multiviscérale, sepsis...). Douze décès sont survenus pendant la période (4 ans et demie).
Ce rapport pointe également le rôle facilitant des AINS dans la diffusion des streptocoques.

Les experts concluent que « la délivrance et la prescription d’ibuprofène, de kétoprofène et de fénoprofène pour la fièvre et/ou douleur non rhumatologique est donc une pratique à risque, même sur une courte durée, et même lorsqu’ils sont associés à un antibiotique. ». Ils invitent à sensibiliser les prescripteurs et les patients.

Pour minimiser ce risque, il est rappelé aux médecins et pharmaciens de toujours privilégier le paracétamol en première intention pour traiter la fièvre et la douleur lors d’infections courantes, en cas de syndrome grippal ou de varicelle.

Information patients

En cas de fièvre ou de douleur, privilégiez toujours le paracétamol en automédication à la dose efficace la plus faible et le moins longtemps possible. En cas de symptômes d’infection associés (notamment infection ORL, syndrome grippal, varicelle), évitez de prendre un AINS (ibuprofène, kétoprofène,  ….).

Si la fièvre ou la douleur persistent plus de 3 jours, consultez un médecin (plus rapidement pour les enfants et les personnes fragiles).

Si vous prenez déjà de l’ibuprofène ou du kétoprofène pour une autre affection, et que vous suspectée une infection hivernale, consultez votre médecin.

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