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Risques liés à la méthadone et kit de naloxone

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La toxicité de la méthadone, traitement de substitution aux opioïdes, induit un risque important de dépression respiratoire pouvant conduire au décès. Elle fait l’objet d’une surveillance renforcée par l’ANSM et son réseau d’addictovigilance (CEIP-A)1 depuis plus de 10 ans.

De récentes données2 montrent l’évolution de son usage et ses conséquences :

  • En 2018, la méthadone a été directement impliquée dans 35 % des décès signalés en lien avec l’abus de médicaments et de substances (étude DRAMES3). C’est, depuis plusieurs années, la première substance impliquée dans les décès chez les usagers de drogues.
  • Son usage détourné (injection, obtention illégale, consommation festive occasionnelle par des sujets naïfs aux opioïdes, parfois mineurs) est en augmentation, avec des conséquences graves.

Il convient donc de rappeler que l’usage de la méthadone comporte des risques et ne doit pas être banalisé.

 

• Pour les professionnels de santé

Les professionnels de santé prenant en charge les usagers de drogues doivent s’assurer que les patients, les usagers et leur entourage connaissent les risques d’overdose et de décès liés à la méthadone. Le risque est plus important chez les personnes ne consommant pas ou peu d’opioïdes (dose létale 1 mg/kg), à l’initiation d’un traitement, après un arrêt ou une diminution des doses.

La naloxone est disponible sous forme de kit prêt à l’emploi, facilement utilisable par les usagers ou leur entourage. Tout médecin peut la prescrire et les pharmaciens peuvent la délivrer, même sans ordonnance.


• Pour les patients, usagers de drogues et leur entourage

Ne donnez jamais de méthadone à une autre personne. Ne la consommez pas en dehors d’une prescription ou pour tout autre motif. Ne l’associez pas à d’autres substances telles que l’alcool, l’héroïne, la cocaïne, d’autres opioïdes, des anxiolytiques ou de la prégabaline. La méthadone doit être conservée hors de portée et de vue des enfants.

Il est fortement recommandé d’avoir en permanence sur vous un kit de naloxone, antidote aux overdoses, prêt à l’emploi. Ces kits sont disponibles avec ou sans ordonnance en pharmacie ou dans les centres de soins spécialisés (CSAPA, CAARUD).

 

1. CEIP-A : Centres d’évaluation et d’information sur la Pharmacodépendance-Addictovigilance.

2. Compte-rendu du Comité permanent des stupéfiants, psychotropes et des addictions du 6 février 2020 (16/07/2020)

3. Décès en Relation avec l’Abus de Médicaments Et de Substances : plaquette DRAMES 2018 (16/07/2020)

 

En savoir plus :

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Quizz

  • L'acétate de chlormadinone (Luteran et génériques) et l'acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques)

    • sont des progestatifs
    • entrainent un sur-risque de méningiome qui est dose et durée du traitement dépendant
    • sont indiqués comme contraceptifs
    • nécessitent la réalisation d’une IRM à partir de 5 ans de traitement chez les femmes âgées de plus de 35 ans
    • Vrai ! Faux !

      L'acétate de chlormadinone (Luteran et génériques) et l'acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) sont des progestatifs utilisés dans la prise en charge de la ménopause, des troubles menstruels et de l’endométriose.

      Les femmes traitées par acétate de nomégestrol plus de 6 mois sont exposées à un risque multiplié par 3,3, puis par 12,5 à partir d’une dose cumulée correspondant à 5 ans de traitement.
      Pour les femmes traitées par acétate de chlormadinone, après 6 mois, le risque est multiplié par 3,4, puis par 7 à partir d’une dose cumulée correspondant à 3,5 ans d’utilisation.

  • Le traitement hormonal de la ménopause

    • Doit être réévalué tous les ans
    • Expose à un risque de thromboses veineuses et/ou artérielles
    • Doit être instauré avant l'arrêt complet des règles
    • Expose à un risque de cancer du sein et/ou de l'utérus
    • Vrai ! Faux !

      Le traitement hormonal de la ménopause ne doit pas être instauré avant l’arrêt complet des règles

  • La tuberculose

    • est une maladie virale
    • est toujours contagieuse
    • repose en cas de tuberculose maladie sur la prise quotidienne de plusieurs antibiotiques
    • nécessite d'hospitaliser en chambre individuelle la personne an cas de tuberculose maladie
    • Vrai ! Faux !

      La tuberculose est une maladie due à une mycobactérie, le Mycobacterium tuberculosis, aussi appelé le bacille de Koch, ou due plus rarement au Mycobacterium bovis ou africanum. Elle n'est donc pas due à une maladie virale.

      Elle se transmet par voie aérienne à partir d’aérosol de gouttelettes émises lors d’une toux par une personne contagieuse. Aussi, elle n'est pas toujours contagieuse.

      Le plus souvent, dans 90 % des cas, la tuberculose reste « latente », c’est-à-dire que la bactérie est présente dans le corps mais la personne infectée ne présente pas de symptômes et n’est pas contagieuse. Elle n'est donc pas toujours contagieuse.

      Pour 10 % des personnes, la tuberculose évolue et devient « active » ; les symptômes apparaissent, et la personne peut devenir contagieuse. Elle développe alors une « tuberculose maladie ».

      Le traitement de la tuberculose repose sur la prise de plusieurs antibiotiques.

      • En cas d’infection tuberculeuse latente, le traitement consiste en la prise quotidienne d’isoniazide pendant 9 mois ou à l’association rifampicine et isoniazide pendant 3 mois.
      • En cas de diagnostic de tuberculose maladie, l’hospitalisation en chambre individuelle est nécessaire. Un traitement associant la prise quotidienne de 4 antibiotiques pendant 2 mois (généralement isoniazide (INH), rifampicine, pyrazinamide et éthambutol), puis 2 antibiotiques pendant 4 mois (isionazide (INH) et rifampicine) est habituellement prescrit.
  • Qu'est-ce que la pharmacovigilance ?

    • ​Ensemble des activités permettant la surveillance des pharmacies
    • ​Ensemble des activités permettant la surveillance des effets indésirables médicamenteux
    • ​Ensemble des activités permettant la recherche de nouveaux médicaments
    • Vrai ! Faux !

      La pharmacovigilance est l'activité consistant à enregistrer et évaluer les effets secondaires résultant de l'utilisation des médicaments.

  • Vous avez pris un médicament et vous présentez une manifestation anormale comme par exemple une réaction cutanée. Pensez-vous qu’il peut s’agir d’un effet indésirable ?

    • Oui
    • Non
    • Vrai ! Faux !