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Tramadol : réduction de la durée maximale de prescription

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Un arrêté du 13 janvier 2020 vient de modifier la durée maximale de prescription des spécialités à base de tramadol. À compter du 15 avril 2020, date d’entrée en vigueur de ce texte, la durée de prescription de ce médicament ne pourra pas dépasser 3 mois (au lieu de 12 actuellement). La poursuite d’un traitement au-delà de cette durée devra faire l’objet d’une nouvelle ordonnance.

Le tramadol est un antalgique opioïde indiqué dans le traitement des douleurs modérées à intenses. Inscrit sur la liste I des substances vénéneuses, il ne peut être délivré que sur prescription médicale. Son utilisation doit être encadrée car il peut entrainer une dépendance, même lors de prises à dose recommandée sur une période courte, induisant la poursuite de consommation de tramadol en l’absence de douleur.

Plusieurs enquêtes réalisées par le réseau français d’addictogivilance ont montré un mésusage grandissant des opioïdes ces dernières années et notamment du tramadol.

Elles montrent que le tramadol est :

  • Le 1er antalgique opioïde cité sur les usages problématiques, aussi bien chez les usagers de drogue que dans la population générale.
  • Le 1er antalgique impliqué dans les décès liés à la prise d’antalgique, devant la morphine.
  • Le 2e antalgique, après la codéine, faisant le plus souvent l’objet de falsifications sur les ordonnances présentées en pharmacie.

 

Aussi, il convient de rappeler :

Aux professionnels de santé que le tramadol

  • ne doit pas être prescrit contre la migraine ;
  • la durée de sa prescription doit être la plus courte possible en raison du risque de dépendance ;
  • la posologie doit être diminuée progressivement afin de limiter le risque de sevrage ;
  • expose à des risques de convulsions ;
  • doit être délivré dans les plus petits conditionnements possibles correspondant à la prescription.

Aux patients de

  • respecter la posologie et la durée du traitement indiquées sur l’ordonnance ;
  • consulter leur médecin, si la douleur persiste ;
  • ne pas arrêter pas brusquement leur traitement et de réduire progressivement les doses, en demandant conseil au médecin ou au pharmacien ;
  • savoir qu’un surdosage en tramadol peut conduire au décès.

Ainsi que de rappeler les contre-indications et effets indésirables principaux :

Contre-indications des antalgiques opioïdes

  • insuffisance respiratoire, asthme grave ;
  • insuffisance hépatique sévère ;
  • insuffisance rénale sévère ;
  • association d’un antalgique opioïde avec la buprénorphine, la naltrexone ou le nalméfène en raison d’un risque de syndrome de sevrage précipité ;
  • spécifiquement pour les opioïdes forts : traumatisme crânien et hypertension intracrânienne, intoxication alcoolique aiguë.

 

Effets indésirables des antalgiques opioïdes

  • constipation ;
  • nausées, vomissements ;
  • sédation, somnolences, vertiges ;
  • bronchospasme, dépression respiratoire ;
  • rétention urinaire ;
  • prurit ;
  • dépendance ;
  • syndrome de sevrage ;
  • spécifiquement pour le tramadol : crise convulsive, troubles visuels, syndrome sérotoninergique, hyponatrémie, hypoglycémie.

 

Médicaments contenant du tramadol
(liste indicative en novembre 2019)

  • Tramadol seul :
    BIODALGIC, CONTRAMAL, MONOALGIC, MONOCRIXO, OROZAMUDOL, TAKADOL, TOPALGIC, ZAMUDOL, ZUMALGIC et TRAMADOL GÉNÉRIQUES.
  • En association avec du paracétamol :
    IXPRIM, ZALDIAR, TRAMADOL/PARACÉTAMOL GÉNÉRIQUES.
  • En association avec du dexkétoprofène :
    SKUDEXUM.

 

En savoir plus :

Les antalgiques opioïdes (CRPV Ile-de-France, 10 mai 2019)

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